L'ombre de nos nuits, de Gaëlle Josse, éditions J'ai Lu, 2017 (2016 chez Noir sur Blanc), 190pages, 6 €, 9782290138908.

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Présentation de l'éditeur : Au détour d'une salle de musée, une femme est saisie par une toile de Georges de La Tour, Saint Sébastien soigné par Irène. Face à ce tableau, elle va revivre les égarements d'une histoire d'amour passée. Parallèlement, nous suivons Georges de La Tour dans son atelier, puis à Paris où, accompagné de son fils et de son apprenti, il s'apprête à présenter son Saint Sébastien au roi de France. Entre les doutes du peintre, les écarts du fils et les découvertes du jeune apprenti, c'est un monde fait de silences, d'ombres et de passions qui s'ouvre, donnant à l'histoire de la narratrice un écho contrasté, comme dans un clair-obscur.

 

 

 

Mon avis :

J'avais adoré Les Heures silencieuses de la même autrice, paru en 2011, qui m'avait tant fait penser à La Jeune Fille à la perle, de Tracy Chevalier. Les mêmes lectures atmosphériques, où chaque mot compte, où le temps prend une dimension sensorielle unique, où les silences et les lumières tiennent un rôle primordial. On retrouve dans ce court roman cette finesse qui est la touche de l'autrice, mais avec les multiples voix qui s'entrecroisent, et deux époques différentes qui offrent une dimension supplémentaire. L'art de Georges de La Tour sert de toile de fond pour mettre en lumière l'âme des personnages. Ce sont bien cette fois les sentiments qui sont au centre du propos, l'amour, l'admiration, la patience. Et les souvenirs aussi, les regrets, mais surtout ce temps de la révélation, où des idée confuses, des ressentis impalpables sur notre vie prennent soudain sens. 

J'ai dégusté ce livre doucement, quelques pages à la fois, là où d'autres le liront d'une traite. J'ai aimé retrouver chaque personnage et ses doutes, ses questionnements, et avancer avec eux, lentement. Pas d'intrigue forte, pas de suspense haletant, juste la vie et ses circonvolutions, différentes selon les époques, mais toujours profondément et fondamentalement humaines. Bref, une belle lecture, propice à la méditation. Pour tous lecteurs, dès 14/15 ans (où avant pour les plus mûrs, mais le propos parlera surtout aux adultes, je pense...).