Et j'irai loin, bien loin, de Christophe Léon, éditions Thierry Magnier, septembre 2017, 160 pages, 12.90 €, 9791035200664.

 

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Présentation de l'éditeur : 

Toutes les convictions des parents d'Ernest se fissurent lorsqu'ils découvrent deux migrants cachés dans leur maison de campagne. Face à la réalité, en écoutant le récit de leur parcours, la décision s'impose : il faut les aider.

La même rengaine depuis des années : plein été, Ernest et ses parents débarquent de Paris pour passer quelques semaines de vacances dans la maison familiale, dans le nord de la France. Mais cette fois, le scénario bien huilé déraille. Dans sa chambre, Ernest découvre Arezu et son père. L’homme est malade, très affaibli. Sa fille a dû interrompre la longue fuite qui les menait de Kaboul à Calais, et cette maison vide devait leur permettre de s’abriter le temps de reprendre des forces. Jusque-là, pour Ernest et ses parents, les migrants faisaient partie des sujets évoqués aux infos, des histoires lointaines, souvent émouvantes, parfois menaçantes, comme venues d’une autre planète. Pourtant, spontanément, les parents d’Ernest s’activent : vêtements propres, nourriture, soins médicaux. Ernest, lui, est captivé par les yeux verts d’Arezu, par ce sourire éclatant qu’il se surprend à guetter. Pourtant, il le sait, ils vont partir. Et pour cela, ils vont avoir besoin d’aide.

Mon avis : 

Ce court roman, découvert lors de la journée professionnelle de la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne cette année, où l'auteur était présent, est aussi rapide à lire que percutant dans son propos. Le drame que vivent les migrants n'est jamais aussi réel que lorsqu'il frappe à notre porte, littéralement. Ce thème n'est pas sans me rappeler le formidable roman graphique "Ma vie extraordinaire" de Johan Unenge , lu il y a 5 ans mais toujours terriblement d'actualité.

Ces ouvrages accessibles à un assez jeune public permettent bien évidemment de les conduire ou de les accompagner dans leurs réflexions face aux phénomènes migratoires qui surgissent jour après jour dans notre quotidien. Ces personnes qui squattent des bâtiments abandonnés, colonisent des zones délaissées de nos villes ou font la manche aux feux tricolores, qui sont-ils, que ressentent-ils, que fuient-ils et vers quoi courrent-ils ? 

Durant notre lecture, nous suivons Ernest dans cette découverte de l'autre (qu'il soit étranger, femme ou parent) qui le chamboule et lui change son regard, probablement pour longtemps. La plume est vive, tantôt drôle, tantôt grinçante, mais toujours juste. Il est accessible dès le début du collège et touchera même les lecteurs plus âgés, sans aucun doute.